J'ai vu le film il y a un peu plus d'une semaine, et en VOST dans un cinéma d'art et d'essais s'il vous plait !
Bon, que dire ? Pour mettre les choses au clair, ce n'est pas mon genre de film. Le film intimiste et social, c'est probablement ce qu'il y a de plus loin de mes goûts en matière de cinéma. Je leur préfére les films qui parlent de l'Homme ou de la société que de l'humain de société et des problèmes qu'ils se coltine (drogue, racisme...). Voilà , maintenant que j'ai mis les choses au clair, parlons du film.
A la question "méritait-il réellement la palme d'or à Cannes", je répondrai "je m'en fous". Cannes est une institution qui sert une idée particulière du cinéma quant elle ne sert pas des intérêts plus contestables : le coup de la palme accordée Ã
Michael Moore, il faudrait veiller à ne pas l'oublier ! Ce film tenait plus du docu-propagande que du documentaire. Bref !
"4 mois, 3 semaines, 2 jours" relate l'aventure hotelière de deux étudiantes, une débrouillarde et une écervelée, évoquant un malaise social,
, la difficulté de parler dans un monde si délabré que la misère en devient obscène et dans lequel il faut faire silence, sourire si possible. Là -bas comme partout chez les pauvres, la moindre possession minable amène son détenteur à se considérer comme meilleurs que ses frères du caniveau
et à leur enfoncer un peu plus le nez dans la merde alors qu'on en est soi-même couvert (Voir "Le dernier des hommes" de
Fritz lang). Alors il faut être malin, malin et dur, pour s'en sortir. Connaitre les bonnes personnes, les "bons plans", savoir acheter le silence au moyen de quelques cigarettes, d'un peu de chocolat. Et surtout, ne pas rester seul.
C'est ce que montre le film. Mais que raconte-t-il ? Un voyage, un voyage immobile. La métaphore qui conviendrait pour raconter celui serait celle d'un métro ou d'un bus qui effectue son trajet en boucle et ne mène finalement nulle part. Un bus délabré à l'image de la vie de ses occupants qui en attendent le terminus, un soir. Cela est montré par le fait qu'aucun des lieux n'est réellement occupé par les personnages. Ce sont des lieux de passage
dans lequels on jette l'ancre quelques temps pour souffler avant de repartir en courant. C'est aussi montré par la scène de la "quête" ou encore par l'avant-dernière scène
. Recherche et fuite sont ici intimement liées. Il faut trouver un abris, abris que l'on fuit bien vite de peur d'y étouffer.
Additionné à une bonne maitrise de la caméra, on peut effectivement juger que le film est de qualité. Que lui reprocher alors ? Peut-être un rien d'exagèration. Le fameux "plan"
mais aussi l'imbécilité de Gabita qui accumule les gaffes : ne s'est pas occupée de sa grossesse plus tôt, ne suis pas les instructions de l'avorteur (comme si on ne savait pas que ces personnes ne plaisantent pas), prend des dispositions avec légèreté (réservation de l'hotel faite par téléphone)...on a envie de lui coller des claques tellement son comportement irresponsable et honteux nous (en tous cas ME) scandalise. D'un point de vue strictement personnel, je n'aurai pas supporter de voir une seconde de plus ma "meilleure amie" après ce que je lui aurais fait faire ! Mais mademoiselle préfère se taire, employer le silence des idiots dépassés par ce qui leur arrive, et se fait même une joie de commettre encore des bourdes après (Voir la scène finale). Ces choix me semblent criticable du fait que le réalisateur cherche à tout prix à susciter le malaise chez le spectateur par le jeu vu et revu, usé jusqu'à la corde, du silence insoutenable et des regards en coin des personnages qui ne savent pas comment réagir, ce dont on aurait pu se passer : le monde présenté est suffisamment abject, épouvantable, pour que la suggestion rende toute son atroce réalité. Je ne dis pas ça par soucis de bienséance (ah ouais manquerait plus que ça) mais parce que je pense que le scénariste n'a pas achevé son travail. On s'éternise, notamment sur le "paiement" de l'avorteur, alors que l'on comprend très bien et très vite ce qui se passe. Les personnages aussi, sauf la cruche de service, qui aurait due sortir à ce moment là pour montrer son égarement, pas pendant la "transaction" : c'est déjà trop tard.
Dans l'ensemble, un bon film que je ne reverrais pas pour les raisons données en début de texte. A voir pour sa culture et pour cracher un peu plus sur le monde.