Date de sortie : 16 octobre 1996
Avec : Sofia Leboutte, Jérémie Renier, Olivier Gourmet
Pays : Belgique
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h33min
Synopsis :
Igor, 15 ans, participe aux petites combines de celui qu'il considère comme son père Roger. Ce dernier exploite et trafique une main d'oeuvre émigrée et en situation plus ou moins clandestine. Igor ne se pose pas de questions jusqu'au jour où devant ses yeux meurt un des travailleurs africains qui lui fait promettre de s'occuper de sa femme et de son fils, avant de mourir. Mais Roger cherche à se débarrasser de la femme et de l'enfant devenus encombrants. Tiraillé entre son affection pour son père et la promesse qu'il a faite, Igor va devoir faire des choix cruciaux...
Ce que j'ai bien aimé:
La sensibilité et l'originalité du traitement du sujet qui tourne autour de "l'insertion" des immigrés clandestins et du monde dans lequel ils évoluent.
La sensibilité du film est séduisante, parce que, comme à leur habitude, les réalisateurs évitent de présenter une vision manichéiste de la vie, d'un sujet et surtout des acteurs d'un milieu, d'un monde et des êtres. Il n'y a pas de personnage mauvais, mais un personnage présente souvent différentes facettes: la capacité d'une cruauté dans le traitement des êtres humains cotoie chez le même être, une très grande tendresse et une affection qui est le moteur d'action (en l'occurence, l'affection du père pour celui qu'il considère comme son fils).
L'originalité du sujet me frappe aussi, car l'enfant grandit d'après ce qu'il a vu enfant et qu'Igor, dans le film, suit celui qu'il a élu pour père.
J'apprécie aussi beaucoup la sensibilité des réalisateurs à la psychologie humaine: ici notamment le lien entretenu entre Igor et son "père" et entre Igor et la femme qu'il aide.
Et comme dans Rosetta, Le Silence de Lorna (ceux que j'ai vus), il y a toujours ce traitement cinématographique simple, extrêmement proche de l'action des hommes, de leur vécu. L'image est aussi peu enjolivée que l'est la réalité.
Le personnage d'Igor est très intéressant et très riche: souvent bouleversé, choqué, qui encaisse, qui est extrêmement malin et en même temps attendrissant. C'est un personnage bouleversant, bien "écrit" ou "scénarisé et aussi très bien joué par Jérémie Renier.
La documentation et la connaissance du sujet et du milieu dont le film traite. Un monde où tout se vaut et tout s'achète, où les hommes ont été à une rude école de la vie, souvent dès leur plus tendre enfance, et qui ont pris l'habitude de la confrontation à des situations inhumaines qu'ils traitent comme de simples affaires.
Les notes de tendresse qui ponctuent le film (le père et le fils en karaoké, le merci de la femme à Igor), l'intensité de certains moments (l'annonce de la mort d'Amidu et le tête à tête silencieux Igor-la femme).
Ce que j'ai moins aimé:
Je ne sais pas. Je trouve ce film bouleversant. Il ne me reste rien de négatif. Sauf la tristesse du sujet, de certaines destinées ... et encore, car les personnages se battent, de manière aussi évidente qu'ils doivent respirer pour vivre.




