Je suis compositeur mais je connais l'ESRA indirectement puisque le réa avec qui je bosse en général vient de l'ESRA. J'y ai également enregistré pendant 3 jours l'une de mes BOs (Le Marionnetiste, dont le making of est encore dispo sur le site de l'école).
J'ai vu beaucoup de films sortant de l'ESRA également.
La remarque que je pourrais faire est que l'ESRA est ce que l'on appelle une boîte à bac. On paie très cher du matériel à la pointe mais au prix d'un enseignement à la baisse.
Une grande partie des étudiants de l'ESRA sont des personnes aux parents très argentés qui font cette école parce que c'est "FUN". On y croise donc de vrais fumistes. On ne les vire pas, le contrôle des absences n'existe pas, parce qu'évidemment l'école ne peut pas se passer de cette manne financière, qu'importe les répercussions sur la valeur du diplôme.
Les films de fin d'étude sont réellement catastrophiques, surtout en 3 D (quand on voit le niveau de Supinfocom...). A chaque fois que je tombe sur un DVD ESRA, je m'ennuie à mourir... Ils ont du 35 mm mais ne savent pas mettre en valeur la mise en scène, la musique, la direction d'acteur etc...
Alors oui, il y a des petits chefs d'oeuvre. Les réalisateurs qui s'en sortent à l'ESRA sont des réalisateurs qui ont une vraie exigence par rapport à eux même et qui ont un grand esprit de travail afin d'aller au delà du vide des cours dispensés. Bref, un étudiant à l'ESRA devrait idéalement être un vrai opportuniste. Je suis les cours, j'apprends en dehors des cours, je développe ma personnalité et l'impose malgré les critiques injustifiées des professeurs, et j'utilise le matos de l'école afin de servir ma personnalité cinématographique. Cyrille, le réalisateur dont je parle est un vrai passioné: il ne s'est pas intéressé à la réalisation à 18 ans, mais tout petit. L'Ecole ne croyait pas en son projet. Il s'est entouré des meilleurs éléments de l'école, a persisté dans son idée malgré les critiques et aujourd'hui Le Marionnettiste est devenu un standard, un modèle dans l'école... D'ailleurs, même côté musique, cela a changé les choses, puisque l'ESRA depuis a un regard différent sur la musique originale (cela n'était jamais arrivé qu'on enregistre 10 musiciens dans leur studio pendant 3 jours).
Donc voilà , il faut vraiment faire gaffe quand on entre à l'ESRA et ne pas se laisser avoir par le laxisme de l'école.
D'autre part, la FEMIS a l'excès inverse et verse souvent vers l'élitisme...
En revanche, j'entends beaucoup de bien de IIIS: ils n'ont pas de moyens certes. Mais le manque de moyens stimule souvent l'imagination artistique. Ce n'est pas en ayant tout de suite le meilleur matos que l'on développe une technique. C'est au contraire en utilisant du mauvais matos pour faire le mieux possible qu'on apprend...
Voilà ... En espérant que je n'ai vexé persone.





