Apres près de deux mois d'absence dans les salles obscures, soit apres une projection de Valse avec Bashir, je me suis rendu la semaine derniere à l'occasion d'une avant première du Silence de Lorna. Des frères Dardenne, je n'ai du voir que l'Enfant et Rosetta, deux films qui m'avaient à l'époque deja bien marqué dans leur apporche bressonienne du réel, les corps se cherchent s'effleurent, se heurtent et se disperssent. J'avais egalement le souvenir d'un vrai talent dans la mise en scène, des gestes symboliques effectués par le personnage ou un cadre précis retransmettant la pensée de celui ci ( Dans l'Enfant, J. Régnier attend dans une salle d'attente, il a vendu son nouveau né, et s'est fait quitté par sa copine, le cadre l'enferme dans une rangée de chaise, une à gauche et la moitié d'une autre à sa droite, suggérant le sentiment de culpabilité de celui-ci)
Bref, le film commence et se termine tout aussi vite, on échange quelque impressions avec les gens qui ont participé à la séance, on remarque que ces gens là sont comme nous, ils ne sont pas les personnes filmés par les Dardennes, ceux sont des gens raisonnables qui n'ont pas l'apparence d'avoir enormément de soucis. Alors on se dit que cette histoire etait triste, que heureusement qu'on ne vit pas ca au quotidien. On comprend cependant à la sortie du cocon qu'est le cinéma que le monde est bien celui que les deux cinéastes capturent, les rues sont humides et suantes sous les reverbères jaunâtres, des rales d'une usine pétrochimique s'entendent au loin dérrière le moteur de qulque voitures persistant à dévaler les boulevards. Les gens qu'on croise sur le trottoir ont des mines fermés et préocupés, on rentre chez soi, en passant par la cage d'escalier et on découvre ce même gout industriel pour la décoration plaqués des murs au plafond. Tout est moche. Car c'est aussi ce qu'a une nouvelle fois montré les deux réalisateurs, un portrait cruel et sincere de la Ville. Aucune ligne de fuite. On étouffe.
Mais là où la ville est humide est froide, les corps qui s'entrelassent sont chaud mais secs, comme du granite (on pensera d'ailleurs à la premiere séquence de Hiroshima mon amour de
Resnais) Les corps dénudés sont dépourvus de tout érotisme, ne bouge alors qu'un amas de chair régie par la pulsion du désir sexuel.
Cependant, Le silence de Lorna est un des plus beau film d'amour, une tragédie vraisemblable et contemporaine. Toute la relation entre Lorna est Claudy est spirituel, tout est dans l'attente de marque d'attention, l'aboutissement de cette amour naissant se termine par ce sourire qu'elle finit par libérer, lors de la scène du vélo.
Je ne peux pas tout dévoiler et aller au fond du dévelloppement cela gacherait enormément de choses dans la découverte de l'oeuvre.
Ce film est aussi est un film profondément féministe, Le silence de Lorna devrait en effet s'entendre comme le Silence de la Femme. Notre protagoniste vit ainsi dans un monde d'hommes régie par l'homme et un système libéral. Dans ce climat on ne lui laisse pas le choix, on décide sa vie à sa place, on détermine son présent pour maitriser son avenir. Lorna se tait. Elle ne dit rien face qau complot mener face à Claudy, mais aussi est surtout elle ne dit rien quand autrui décide de diriger sa plus profonde intimité de femme.
Mais tout passe, tout casse.